Sélection

Depuis maintenant plusieurs années, la sélection à l'Université s'impose et se renforce à tous les niveaux. Nous avons assisté en 2018 à la mise en place de Parcoursup, dans la continuité de la loi Master mais aussi de Campus France.

Contrairement à ce qu'annonçait Frédérique Vidal en septembre 2018, Parcoursup est loin d'être un « succès ». Ce sont 180 000 candidat-e-s qui ont quitté la plate-forme en cours de route et 45 000 qui ont été classé-e-s comme inactives et inactifs. Sur les 811 000 inscrit-e-s, c'est un-e candidat-e sur quatre qui se retrouve sans affectation, faisant ainsi de Parcoursup une véritable machine de tri social, sans parler des étudiant-e-s qui se retrouvent dans une filière par défaut.

La loi Master, votée fin 2016, suit la même logique. Cette réforme qui légalise la sélection en M1, ne garantit plus le passage en Master après obtention de la Licence. Le gouvernement prétend défendre un supposé « droit à la poursuite d'études » en créant la plate-forme « trouvermonmaster.com ». A partir de 3 refus en M1, tout-e étudiant-e doit pouvoir solliciter la plate-forme et obtenir une proposition ailleurs. Or, la réalité est que la plupart des demandeurs et demandeuses ne trouvent pas de proposition dans la filière de leur choix ou se retrouvent obligé-e-s d'accepter une mobilité forcée dans une autre académie, sans aucune aide financière pour le déplacement.

Les étudiant-e-s étranger-e-s subissent de plein fouet la sélection. Celle ci existait déjà avec campus France mais se renforce avec la réforme #BienvenueEnFrance, ces mêmes étudiant-e-s sont contraint-e-s de payer 2 770€ en Licence et 3 770€ en Master. Cette réforme est un premier pas avant de généraliser la hausse des frais d'inscription. C'est pour cela que nous nous battons pour l'abrogation de cette réforme et pour l’exonération des tou-te-s les étudiant-e-s étranger-e-s.

A Lille cette loi se met en application dès cette année pour les étudiant-e-s rentrant en licence, nous dénonçons la politique de la présidence de l'université qui s'était, à l'époque des premières déclarations autour de cette réforme, positionnée contre.

En sélectionnant, le gouvernement Macron ferme la porte aux jeunes issus des classes populaires. Il cherche à faire des économies en réduisant le nombre d'étudiant-e-s et le budget alloué aux universités. En parallèle, il adapte les formations aux intérêts du patronat, en supprimant de plus en plus de filières peu « rentables ».

N’oublions pas que la précarité et l’exploitation s’ajoutent à la sélection dans la vie quotidienne des étudiant-e-s. Celle-ci risque d'autant plus de s'accroitre à travers la réforme des retraites. Cette attaque d’ampleur concerne autant la jeunesse que le monde du travail. En effet, en nous faisant travailler plus longtemps, sans ouvrir de nouveaux postes pour autant, la jeunesse entre de plus en plus tard sur le marché du travail. Or, le chômage des jeunes est déjà élevé : 20,8 % en 2018. De plus, en supprimant la règle des 25 meilleures années, nous commençons à cotiser dès le premier jour travaillé. Les années de précarité et de chômage sont donc prises en compte dans le calcul des pensions, ce qui les rend beaucoup plus faibles et nous force à travailler plus longtemps pour rattraper les années moins rentables. Enfin, la mise en place d’un système unique et universel nie les spécificités de chaque secteur : l’égalité n’est pas l’équité !

Nous exigeons l'abandon de la loi ORE, de la loi Master et de Bienvenue en France. Et nous exigeons l'inscription dans la fac et la filière de leur choix pour tou-te-s les « sans-fac », refusé-e-s aux portes des universités, et l'accès gratuit à l'Enseignement Supérieur et la Recherche. L'argent existe pour accueillir l'ensemble des candidat-e-s dans l'ESR. Étudier est un droit, pas un privilège ! Nous demandons également le retrait de projet de loi sur les retraites.

Nous appelons dès aujourd'hui à se mobiliser et à participer aux actions pour l'inscription gratuite de tou-te-s dans la filières de leur choix, notamment en participant au rassemblement devant le siège de l'université de Lille (42 rue Paul Duez) le mardi 17 septembre à 13h.

Dans le cadre de la manifestation du mardi 24 septembre contre les retraites, nous appelons à se réunir en assemblée générale sur chaque campus de l'université de Lille afin de s'organiser contre le rouleau compresseur du gouvernement. Nous appelons aussi à un cortège éducation en lutte avec toutes les forces et organisations lors de la manifestation de l'après-midi. 

Communiqué commun par NPA jeunes Lille, FI jeunes Lille, UNEF Lille, SEL-CGT Lille, FSE Lille