UVHC - Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis

Le 18 janvier 2017,

Lettre ouverte à destination du Président de l’UVHC, M. Artiba.

Objet : Projet d’établissement

Pour simplifier la lecture, quelques abréviations utilisées :
– UVHC : Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis
– GT : Groupe de Travail
– VPE : Vice-Président Etudiant (ici M. Bruhier)
– HCERES : Haut Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur
– IGAENR : Inspection Générale de l’Administration de l’Education Nationale et de la Recherche
– ESAD : École Supérieure d’Art et de Design (de Valenciennes)

 

Nous sommes ravi.e.s d’apprendre officiellement d’un nouveau projet d’établissement pour l’UHVC, via un mail du VPE, M. Bruhier, reçu ce 11 janvier 2017.

Nous sommes également ravi.e.s d’avoir accès depuis ce 10 janvier 2017, sur l’ENT, à un onglet « projet d’établissement ». Celui – ci nous permet d’avoir accès aux avancées des discussions.
Tout de suite, une question se pose, pourquoi mettre au courant les étudiant.e.s de l’UVHC le 10 janvier 2017 alors que les discussions ont commencé en novembre 2016. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

Vous citez souvent, que ce projet d’établissement est motivé par plusieurs rapports : le HCERES, l’IGAENR et la Cour des comptes. Or, en janvier 2017, nous n’avons accès qu’au rapport du HCERES.

Nous pensons qu’un seul rapport d’une seule instance datant de 2014 n’est pas suffisant pour exprimer un état des lieux de l’Université.
Comment expliquez-vous donc cette obligation pour l’Université de se restructurer ?

Mais nous avons lu ce rapport du HCERES. Et les conclusions sont très intéressantes.

Il y est clairement indiqué : « Continuer à dynamiser la vie étudiante en aidant les étudiants à s’approprier leur rôle institutionnel. »

C’est tout l’objet de cette lettre que nous vous adressons, dans un esprit de dialogue constructif, et donc à laquelle nous attendons des réponses.

Vous le savez, le SEL-CGT avec les étudiant.e.s en audiovisuel, avons obtenu en octobre 2016, l’accès à l’ensemble des comptes rendus de l’Université comme l’oblige la loi. Nous sommes attaché.e.s à la transparence et au rôle de l’étudiant.e à L’Université. Surtout que l’Université a aussi pour rôle de développer l’esprit critique de ses élèves !

Dans le mail du VPE adressé à l’ensemble des étudiant.e.s, il est indiqué que « Cette démarche est effectuée en toute transparence au sein de groupes de travail auxquels plusieurs étudiants participent activement. »

Effectivement, il y a 4 étudiant.e.s et 4 doctorant.e.s dans les différents groupes de travail. Pour la formation, il y a seulement 4 étudiant.e.s qui représentent les 11 000 étudiant.e.s de l’UVHC. Ces 4 étudiant.e.s ont été choisi.e.s par vous-mêmes et sont membres de la même association.
Est-ce que ces 4 étudiant.e.s sont représentatifs/ves de l’ensemble des étudiant.e.s de l’Université puisqu’ils et elles sont seulement 4 et qu’ils et elles sont membres de la même association ?

De plus, le calendrier est très serré. Vous nous informez de ce projet d’établissement le 11 janvier 2017, alors qu’« Une réunion de restitution et croisement des travaux inter-groupes » aura lieu le 19 janvier 2017. Soit 8 jours après.
Est–ce sérieux pour que les étudiant.e.s s’approprient leurs « rôles institutionnels »

On se rend compte que tout va très vite, et que les étudiant.e.s ne sont pas consulté.e.s. D‘ailleurs les 4 étudiant.e.s qui sont dans les groupes de travail formation ne communiquent pas.

Sur le fond du projet, nous avons lu avec attention les différents comptes rendus informels des groupes de travail. Il semble que l’idée d’une Université Polytechnique composée d’un pôle « Sciences et technologie » et d’un pôle « Humanités » soit déjà actée.

Nous sommes étonné.e.s puisqu’il n’existe pas d’Université Polytechnique ailleurs en France. Cette idée, vous l’imposez depuis la première réunion, sans même qu’il y ait de débat (ou que vous en parliez dans votre programme avant d’être élu).
Est–il possible avant de parler de la structuration de cette Université Polytechnique, d’avoir un débat sur l’idée même de la future Université ?

Notre syndicat n’est pas contre une nouvelle Université, mais nous pensons que cela doit être réfléchi et non précipité comme cela se passe.

Toujours dans les conclusions du rapport du HCERES, sur lesquelles vous vous basez pour justifier ce « projet d’établissement », il est indiqué ceci :
« Garder la maîtrise des politiques de recherche et de formation en évitant une trop grande dépendance à l’environnement socioéconomique. »

Or, dans le mail du VPE, il est indiqué ceci :
« les formations ne disparaitront pas, mais les occasions seront saisies pour les améliorer et les adapter aux évolutions des métiers et besoins du monde socio-économique ; »
Il y a donc contradiction.
Pourquoi vous basez-vous sur le rapport du HCERES alors que le VPE indique le contraire de ce qui est indiqué ?

Un des « Points faibles » que le rapport du HCERES indique est :
« Une coordination entre composantes insuffisante ; formation, vie étudiante et RI sont trop éclatées et le lien entre formation et recherche est encore faible. »

Or, dans le compte rendu du GT Humanité du 12 décembre 2016, vous dites :
Commentaires de la présidence sur cette étape intermédiaire de concertation : […]. Cependant, la structuration proposée ne répond que très partiellement aux remarques de l’HCERES quant au nombre important de composantes au sein de l’UVHC. Il est en effet nécessaire de noter que ce nombre reste à l’identique dans la présente proposition : 4 composantes »

Ou encore, dans le compte rendu du GT Humanité du 26 novembre 2016, il est écrit : « Commande de nos tutelles de réduire le nombre de composantes de l’établissement. »

Nous n’avons lu nulle part qu’il faille « réduire » le nombre de composantes de l’Université.
Où avez-vous lu qu’il fallait réduire le nombre de composantes ?
Quelle tutelle vous l’a dit ?

Nous n’avons pas la même lecture du seul rapport disponible sur la situation actuelle de l’Université.

Difficile de parler du contenu même de cette future Université, de ce que ça changerait concrètement pour les étudiant.e.s puisque tout ce qui vous motive pour ce projet d’établissement n’est pas vérifié.

Mais nous avons déjà quelques questions. Sachez que pour le syndicat, il est impossible de se positionner pour le moment, sans avoir des réponses sur les questions précédentes.

Dans le compte rendu du GT formation Sciences et Technologie, il est indiqué qu’il y a « une possibilité de développer « une structure » gérant les formations autour des domaines Sciences et Industries de la Création, production d’images, incluant l’écriture ».
Ces discussions sur cette structure sont-elles faites en lien avec les étudiant.e.s de DREAM ?
Ou encore, cela est–il fait en lien avec les doctorant.e.s de DEVISU ?

Ensuite, il est indiqué sur l’ENT, que ces GT serviront à
« Structurer le pôle Sciences et technologies afin de faire émerger :
 – Un INSA fort au sein de la région des Hauts-de-France
 – D’autres écoles (design, architecture, numériques……) »
Pourquoi depuis le début, la question d’un INSA est tranchée, comme-si cette école d’ingénieur.e était la seule solution ?
Si un INSA est souhaité, les moyens humains, matériels et financiers seront-ils en adéquation avec le nombre d’élève possible pour le futur INSA ?

Nous avons également appris que des rencontres et des contacts ont été effectués avec l’école d’art de Valenciennes.
Comment se fait-il alors, que les étudiant.e.s de l’ESAD de Valenciennes n’en aient pas eu connaissance ?
La fermeture éventuelle de l’ESAD a-t-elle un lien avec la restructuration, et la création d’un pôle d’études de « design » ?

Sur l’aspect recherche, vous le savez, la précarité des doctorant.e.s aujourd’hui est énorme.
Cette précarité est-elle prise en compte dans les futures structures de recherche de l’Université ?

Pour Terminer, nous prenons acte de ce qu’a écrit le VPE à l’ensemble des étudiant.e.s :
« – les droits d’inscription à l’université resteront identiques et conformes aux règles nationales édictées par le ministère et ceci quelle que soit la formation choisie ;
– rien ne changera au sujet de la sélection et le cadre national à ce sujet continuera à être respecté ; »

Pour conclure, nous pensons qu’au vu du calendrier très serré que vous imposez, ainsi que l’importance de ces discussions, seule une réponse écrite de votre part soit satisfaisante. Nous ne souhaitons pas être reçus pour le moment. Nous communiquerons votre réponse à l’ensemble des étudiant.e.s.

Si une nouvelle Université est justifiée et décidée, ce qui naitra de ces discussions impactera l’ensemble des étudiant.e.s et futur.e.s étudiant.e.s durant des dizaines d’années

Nous réaffirmons ici que le syndicat œuvrera uniquement dans l’intérêt des étudiant.e.s et non pas dans des intérêts personnels ou pour satisfaire quelque lobbies.
Nous sommes attaché.e.s à l’Université publique que celle-ci apporte à la recherche et la formation aux étudiant.e.s et aux doctorant.e.s !

Cette lettre a été rédigée par des militant.e.s du Syndicat Etudiant et Lycéen (SEL)–CGT du valenciennois, dans l’intérêt des étudiant.e.s.

Nous vous prions, Monsieur, d’agréer nos sincères salutations engagées,

Pour le syndicat,
Gaétan HELON,
Porte-parole