ESAD - École Supérieure d'Art et de Design (Valenciennes)

Le 19/01/2017 à Valenciennes

Lettre ouverte à destination de M. Laurent Degallaix, Maire de Valenciennes et Président de Valenciennes Métropole

Copie :

  • M. Daniel Cappelle, Président de l’ESAD (École Supérieure d’Art et de Design) de Valenciennes,
  • Mme Audrey Azoulay, Ministre de la Culture et de la Communication,
  • M. Xavier Bertrand, Président du Conseil Régional des Hauts-de-France,
  • M. Marc Drouet, Directeur de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) des Hauts-de-France,
  • M. François-Xavier Villain, Maire de Cambrai,
  • M. Patrice Vergriete, Maire de Dunkerque,
  • M. Gérald Darmanin, Maire de Tourcoing.

Objet : ESAD (École Supérieure d’Art et de Design) de Valenciennes.

Nous observons que depuis l’annonce de la menace de fermeture de notre école communiquée par Monsieur Daniel Cappelle, Président de l’École Supérieure d’Art et de Design (ESAD) de Valenciennes et conseiller municipal délégué au Patrimoine, le jeudi 10 novembre 2016, nous manquons d’informations sur l’avenir de notre école et par conséquent le nôtre.

Une délégation a eu l’occasion de vous rencontrer lors d’une réunion officielle le 19 décembre 2016 et vous nous avez assuré à chaque reprise ne pas souhaiter fermer l’école.

Cela a déjà été évoqué, mais il nous semble que dans les discussions qui orientent le futur de notre école, il est souvent oublié l’apport social et culturel qu’ont les étudiant-e-s de l’École Supérieure d’Art de Valenciennes. Nous pouvons déjà citer quelques exemples du rayonnement de l’ESAD sur l’agglomération :

Le partenariat avec le service des sports de la mairie de Valenciennes a été renouvelé sur plusieurs années dans le cadre des Foulées Valenciennoises. L’an dernier, le résultat a été la création de trois bornes, fabriquées à partir de mobilier et matériaux de récupération, qui ont permis une excellente lisibilité pour les coureurs et les coureuses aux kilomètres 1, 5 et 9. En complément, une fresque interactive se trouvait sur la Place d’Armes. L’implication de l’ESAD a contribué à l’obtention du « Label International » délivré par la Fédération Française d’Athlétisme, ainsi que d’une étoile par l’Association Européenne d’Athlétisme.

Dans le cadre de son plan Lumière, la ville de Valenciennes a commandé La promenade des arts. En collaboration avec Bouygues Energies & Services, et l’entreprise de renom Concepto, des étudiant-e-s de l’ESAD ont réalisé une balade lumineuse d’environ un kilomètre à travers la ville, toujours en place à ce jours: douze lanternes en verre soufflées bleu, et des projections sur les façades mettent en scène des statues de Valenciennes jalonnant ce parcours.

Des étudiant-e-s de l’ESAD, en collaboration avec des cinéastes en formation à Bruxelles et des jeunes entreprises de la région Hauts-de-France (Aspic, Homido, Owl-vision), ont réalisé In Mundo/Ex Mundo, une fiction immersive à 360°. Inspiré d’une nouvelle de Philip K. Dick, ce court métrage est à visionner avec un casque de réalité virtuelle. Présenté dans différents concours de niveaux national et international, In Mundo est en lien direct avec la recherche et le développement entrepreneurial et industriel. Il bénéficie des partenariats régionaux avec le Fresnoy et Pictanovo dont la vocation est le développement de l’image audiovisuelle et des technologies émergentes.

Quels rapports l’Art Contemporain pourrait-il avoir avec l’industrie lourde actuelle ? Les étudiant-e-s de l’Atelier de Recherches et Créations (ARC) Création située se posent cette question par le biais d’un partenariat avec l’usine PSA Peugeot-Citroën de Trith-Saint-Léger. Immergé-e-s au sein de l’usine, ils et elles inscrivent leurs travaux dans les expériences sensorielles inhabituelles pour l’art contemporain : rythmes mécaniques, matérialités robustes, rebus industriels… Les jeunes artistes de l’ESAD recherchent ainsi leur appartenance à un tissu économique et industriel local.

Certains projets d’étudiant-e-s réactivent la mémoire de leur ville et permettent de rassembler les acteurs et actrices de son histoire en créant des rencontres autour d’expositions d’art contemporain ouvertes au public. Actuellement, l’exposition « L’Arbre oublié » qui se tient dans la galerie de l’ESAD jusqu’au 11 mars 2017 fait revivre un épisode de l’histoire industrielle de la région en se focalisant sur l’arbre d’acier d’Usinor, symbole du savoir-faire des ouvrier-e-s puis sculpture de résistance de la lutte ouvrière.

Ainsi des structures telles que le Manège de Maubeuge, le Phoenix, l’espace Pasolini, Art Zoyd, ou le centre social du Faubourg de Cambrai peuvent attester de l’énergie que nous déployons sur le territoire. Dans un autre registre, chaque année, l’école renouvelle son partenariat avec la Faculté du Mont Houy pour l’Atelier de Recherches et Créations Objets Non standard.

Mais nos projets vont aussi souvent plus loin que l’inscription dans Valenciennes, de la métropole Lilloise. Notre école fait partie de l’association Habiter 2030 qui réunit de nombreuses écoles autour de la rénovation des maisons 1930, ou encore le projet mené avec la Condition Publique et l’EDHEC à Roubaix dans le quartier du Pile.

Nous agissons également à l’échelle nationale, avec entre autres notre participation à l’exposition Vision au Palais de Tokyo à Paris, ou à l’international. Des étudiant-e-s ont par exemple participé l’an dernier à un workshop avec le Fictionnal Collective à Eindhoven aux Pays-Bas, ou encore à un séminaire à l’Académie Libanaise des Beaux-Arts de Beyrouth au Liban.

Nous avons appris l’annulation de la réunion qui devait permettre une discussion sur les conditions de réalisation d’un projet commun aux quatre sites d’enseignement artistique supérieur. Les étudiant-e-s n’avaient d’ailleurs pas été conviés à cette concertation. Nous avons besoin d’honnêteté et de considération, aussi nous vous demandons des réponses claires et précises aux questions suivantes, avant de se mobiliser de façon plus concrète contre cette menace de fermeture début février.

Le concours et les équivalences pour la rentrée 2017 sont-ils maintenus ?
Si non, les étudiant-e-s en cours de cursus pourront-ils le finir ?
Si non, qu’adviendra-t-il de ces étudiant-e-s en cours de cursus ? Quelles sont les solutions proposées ?

Cette lettre a été rédigée par des étudiant-e-s de l’ESAD. Le SEL-CGT accompagne les étudiant-e-s de l’ESAD dans leurs mobilisations et soutient leurs revendications.

 Nous réaffirmons ici que le Syndicat Etudiant et Lycéen (SEL)-CGT œuvrera uniquement dans l’intérêt des étudiant-e-s de l’Ecole. Nous sommes attaché-e-s à cette Ecole publique pour ce qu’elle apporte aux étudiant-e-s !

Nous vous prions, Monsieur, d’agréer nos sincères salutations engagées.